Remisage d'une embarcation, les petits gestes à faire soi même
Nous arrivons encore une fois au terme d'une saison de pêche , le repos bien mérité l'est aussi pour nos fidèles embarcations.
C'est pour cette raison que l'hiver est le bon moment pour faire un check-up de l'état général de nos bateaux.
Pour ce faire j'ai demandé quelques conseils à un professionnel, je ne cherche pas ici à rentrer dans des considérations techniques car cela n'est pas dans mes cordes, juste des petits gestes facilement exécutables par tout un chacun avec un minimum d'outillage et qui peuvent prévenir de futurs ennuis.
Il y a trois points à aborder, la remorque, la coque et le moteur.

1. le tour du propriétaire

On peut commencer par un simple nettoyage à l'eau claire de la coque, des passages d'eau du moteur (impératif si il a été utilisé dans de l'eau salée,saumâtre,boueuse,...)
Cette opération peut se faire à domicile en montant un accessoire de rinçage sur les trous d'admission d'eau du moteur, elle peut également permettre de vider le carburant qui est contenu dans le moteur.


Accessoire de rinçage sur les trous d'admission d'eau du moteur.


On peut également utiliser un stabilisateur de carburant qui évide l’oxydation de ce dernier.
Néanmoins pour les moteurs à carburateurs, il vaut mieux les vider complètement.

2. Etat des lieux

Un contrôle général de l'état du moteur : fuites éventuelles, fils de masse et anodes oxydés, boulons dé-serrés, état de l'hélice ...


Contrôle général de l'état du moteur.


Un contrôle de la coque : fissures, rivets manquants, soudure mal en point, oxydation, coups, ...
Un contrôle de l'attelage : soulever les roues pour vérifier l'état des roulements (bruit, jeux, usure), l'état des bourrages et de la graisse contenue.


Vérification des roulements.


L'état des tambours si c'est une remorque freinée, l'état et le graissage du timon, roue jockey, treuil ...


Vérification des tambours.


C'est également le moment de contrôler les feux, un petit point d'étain sur une connexion récalcitrante du stop qui ne s'allume pas quand il faut ...

3. Contrôler l’huile du carter d’engrenages

Il s’agit ici de s’assurer qu’il n’y a pas d’eau dans l’huile du carter, ce qui pourrait entraîner des ennuis mécaniques.
Si l’eau est présente, l’huile aura une couleur laiteuse.
Il faut donc desserrer légèrement le bouchon de vidange du carter jusqu’à ce que l’huile coule.


Desserrer légèrement le bouchon de vidange.


Si de l’eau est présente il faudra effectuer une vidange complète du carter et injecter de la nouvelle huile.


Le bouchon de vidange est desserré.


On peut aussi en profiter pour contrôler le niveau d’huile du carter par la vis supérieure.


Contrôle du niveau d'huile d'embase.


4. Démontage de l’hélice

Il faut procéder à un démontage de l’hélice pour nettoyer et graisser l’arbre.
Pour ce faire il faut coincer cette dernière à l’aide d’un morceau de bois entre l’hélice et la plaque de cavitation.


Blocage de l'hélice.


Ensuite il faut enlever la goupille, dévisser l’écrou de l’hélice, l’écrou et l’entretoise.


L'hélice est démontée.


Nettoyer soigneusement l’arbre de son ancienne graisse et en appliquer une nouvelle couche de graisse marine hydrofuge dans les cannelures.


Graissage de l'arbre de transmission.


Vous pouvez ainsi remonter votre hélice en ne serrant pas exagérément l’écrou si vous n’avez pas de clé dynamométrique.
Pour ceux qui vont laisser le bateau en extérieur, il est conseillé de couvrir l’hélice pour éviter que de l’eau ne s’infiltre et stagne dans le conduit d’échappement, ce qui pourrait occasionner de gros dégâts en cas de fortes variations de températures.

5. Graissage du moteur à l’aide d’un produit d’hivernage

Cette opération peut s’effectuer de 2 manières : moteur en marche ou à l’arrêt.
Le produit utilisé est du «Storage seal» disponible dans plusieurs marques spécifiques à l’utilisation nautique.


Storage Seal.


Pour l’opération moteur tournant on injecte l’huile par le filtre à air jusqu’à ce ce que le moteur commence à fumer.


Pulvérisation de l'huile par le filtre à air.


Cette même opération peut se faire moteur à l’arrêt en enlevant les bougies, il suffit alors de pulvériser l’huile dans la cavité des bougies, faire bouger le moteur pour faire voyager cette dernière.


Injection d'huile à l'aide d'un graisseur.


Vérifier l’état des bougies : elle doit avoir une couleur légèrement brune, sans traces d’oxydation, de fusion ou d’érosion, au besoin utiliser une brosse métallique pour la nettoyer .
Pour les moteurs 4 temps contrôler également le niveau d’huile.
Vérifier l’état général de la courroie de l’arbre à came.

6. Graissage des pièces mobiles

A l’aide d’une graisse marine et d’un pistolet graisseur, faire le tour de tout ce qui est mobile sur le moteur.


Commande de direction moteur.


La partie timonerie, tringlerie de gaz , tringlerie de commande de volant ainsi que celle de marche avant et arrière.


Commande des gaz.


Graisser l’axe de relevage.


Injecter la graisse par les orifices ad-hoc.


Graisser la colonne de direction.


Ne pas oublier de graisser la colonne de direction.


Il est conseillé de pulvériser l’entièreté du moteur (extérieur) avec un produit tel que du WD40, le démarreur électrique, la tête motrice, les boulons …

7. Batteries, appareillage externe…

Il est conseillé de stocker ses batteries dans un endroit chaud et sec, et maintenir une charge régulière, surtout pour les batteries à décharges profondes …
Des chargeurs adaptés valent vraiment la peine d’être utilisés car leur cycle de charge est différent d’un chargeur type automobile et il permettent pour la plupart de maintenir une charge de stockage ou remisage.
On peut aussi graisser les cosses afin d’éviter toute formation de corrosion.

On peut y stocker aussi nos coûteux échos sondeur ou gps, pédale de moteur électrique …


Pensez à vérifier la charge de vos batteries.


Pour ma part je pulvérise mon moteur électrique d’huile siliconée, et ce même en utilisation régulière cela facilite grandement la remontée de celui-ci.

On peut profiter aussi de cette période de trêve halieutique pour faire un check-up du matériel de sécurité obligatoire à bord.

Voilà un petit tour d’horizon de ce que l’on peut faire soi même afin d’éviter des petits ou gros soucis à la reprise.
Évidement au moindre doute il est fortement conseillé de consulter un professionnel nautique qui pourra bichonner votre embarcation, sans oublier un entretien annuel qui doit rester préventif et non curatif …

Je le répète pour en avoir fais les frais, une journée de pêche peut virer au cauchemar à causes de problèmes techniques.

Ce petit récapitulatif à été réalisé avec l’aimable collaboration de Mike de l’établissement Auto-Nautique , Rue des Mineurs 27-29 à 4040 Herstal.

Bon travail !


Yannick WALCZYNSKI
Belgian Catfish Team
Rédigé le 14-02-2010

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